Ma Bête Noire signature-mail

Thomas Chaussebourg

Vous vous en doutez, “Ma bête noire” n’a rien d’un spectacle équestre traditionnel. Ce n’est ni du cirque, ni de l’équitation, mais un duo chorégraphique comme on en voit rarement, pour un danseur et un cheval… avec, comme fil ténu, la très belle musique crue et poétique d’Alain Bashung. Subjuguant, vraiment.

Sous une volière géante se dressent le noir étalon, en liberté, sans selle ni mors, et Thomas Chaussebourg, danseur puissant et instinctif. On sent tout de suite qu’ils sont intimement liés l’un à l’autre (alter-ego, double ?), ils se cherchent, l’un s’appuie contre ses flancs, l’autre se cabre, ils s’éloignent, ne font qu’un… Et les mots et mélodies de Bashung (extraits de son album “L’imprudence”) résonnent, sombres et émouvants.

Entre violence et douceur, grande chevauchée ou ralentis, la relation qui se joue entre monture et danseur a quelque chose de l’histoire amoureuse, avec sa folie, ses non-dits, sa démesure, ses manques ; mais renvoie aussi au rapport que l’on peut entretenir avec soi-même, avec sa « bête noire » (ou l’animal comme métaphore du monde intérieur de l’homme).

Très loin de l’illustration, ils dansent cet indicible qui nous lie à l’autre, à soi. Il y a du velours et de l’écorché vif, dans la musique, dans l’arène et dans la relation brute à l’animal.